Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et le phénomène ne faiblit pas : 609 000 unités ont été vendues en 2025, pour un prix moyen de 402 euros. Derrière cette popularité se cache pourtant une obligation légale que beaucoup d’utilisateurs ignorent ou sous-estiment : souscrire une assurance responsabilité civile avant de prendre la route.
Une obligation légale depuis 2019, pas une option
Depuis le décret du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques sont classées comme Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM), et à ce titre, elles relèvent de l’article L211-1 du Code des assurances. Concrètement, toute trottinette circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance trottinette électrique au minimum en responsabilité civile. Cette règle est entrée en vigueur sans période transitoire.
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Rouler sans assurance expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros, auxquels s’ajoutent 35 euros pour absence d’attestation, soit un total potentiel de 3 820 euros, avec en prime la confiscation de l’engin et, en cas de récidive, une suspension de permis ou une inscription au casier judiciaire. Si un accident survient, c’est le FGAO qui indemnise les victimes, puis se retourne contre le conducteur non assuré : les montants réclamés atteignent couramment plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des blessures graves.
Ce que l’assurance couvre — et ce qu’elle ne couvre pas
La garantie responsabilité civile prend en charge les dommages causés aux tiers : blessures d’un piéton, frais médicaux, dégâts matériels sur un véhicule ou un bien appartenant à autrui. Les plafonds légaux minimaux sont fixés à 1 million d’euros pour les dommages corporels et 100 000 euros pour les dommages matériels, mais certains contrats montent bien au-delà.
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En revanche, la RC ne protège pas le conducteur lui-même : ses propres blessures, le vol de sa trottinette ou les dégâts sur son engin restent à sa charge. Autre point souvent ignoré : l’assurance habitation ne couvre généralement pas les trottinettes motorisées. Pour une protection réelle, des garanties complémentaires (vol, casse, assistance, protection conducteur) sont nécessaires, et elles restent accessibles : une formule complète se situe entre 12 et 25 euros par mois, tandis que la RC seule coûte entre 3 et 5 euros mensuels.
Le prix final dépend de plusieurs variables : la valeur de la trottinette, le code postal, le lieu de stationnement, l’âge du conducteur et les antécédents de sinistres. Un jeune conducteur de 22 ans à Paris avec une trottinette à 800 euros garée en rue peut ainsi payer environ 20 euros par mois en formule complète, contre une dizaine d’euros pour un profil moins exposé en province.
Bien souscrire : les points à vérifier avant de signer
La souscription en ligne prend généralement deux à cinq minutes et l’attestation arrive par e-mail dans la foulée. Avant de valider, quelques détails méritent attention. Les exclusions de garantie sont parfois larges : conduite sans casque, engin débridé ou usage sous influence d’alcool peuvent invalider la couverture. Pour le vol, la plupart des contrats exigent un antivol homologué SRA et un dépôt de plainte sous 48 heures. Enfin, une clause de vétusté s’applique souvent à raison de 10 % par an sur la valeur remboursée.
La réglementation continue d’évoluer : depuis septembre 2023, l’âge minimum pour circuler sur la voie publique est fixé à 14 ans, et un décret de novembre 2024 a notamment autorisé les clignotants et la circulation à deux de front sur certaines voies. Rester informé des règles en vigueur fait partie du bon usage de ce type d’engin, au même titre que l’assurance elle-même.


