On branche une Stratocaster ou une Telecaster sur un ampli en canal clair, on plaque un Em9, et le son sonne plat, presque métallique. Sur guitare acoustique, Petite Marie pardonne beaucoup. Sur électrique, chaque réglage mal calibré s’entend, du micro trop proche des cordes au gain qui empâte les arpèges. Les accords Petite Marie sur guitare électrique demandent un travail de son et de main droite que les grilles d’accords seules ne montrent pas.
Son clair compressé : le réglage ampli qui fait la différence
Sur la version studio, la guitare principale utilise un son clair très compressé, avec très peu de gain et un léger chorus. Ce point est rarement abordé dans les tutos, qui se concentrent sur la grille sans décrire le type de son.
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En pratique, on cherche un canal clean avec le volume de l’ampli assez haut pour que les notes tiennent, mais sans saturation. Le compresseur (en pédale ou intégré à l’ampli) aide à égaliser la dynamique des arpèges : les basses de l’Em9 ne dominent pas, et les aigus du GM9 ne disparaissent pas.
Un chorus réglé subtil, avec un taux de modulation bas et une profondeur légère, ajoute cette largeur stéréo qu’on entend sur l’enregistrement. Trop de chorus et le son devient aquatique, ce qui trahit le caractère intimiste du morceau.
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- Canal clair, gain quasi nul, volume suffisant pour du sustain naturel
- Compresseur avec un ratio modéré pour lisser les arpèges sans écraser l’attaque
- Chorus léger en fin de chaîne, désactivé sur les passages où la voix est exposée

Hauteur des micros guitare électrique : un réglage souvent négligé
La hauteur de micros influence directement la respiration des accords. Sur Petite Marie, les voicings enrichis (Em9, A7add13, GM9) contiennent des notes rapprochées. Un micro manche trop proche des cordes écrase la dynamique et crée un effet de bouillie harmonique sur les arpèges lents.
Un réglage autour de six millimètres au micro manche et deux à trois millimètres au micro chevalet donne un son plus ouvert. On gagne en clarté sur les basses tout en gardant assez de niveau pour les aigus. Ce type de calibrage convient bien aux morceaux arpégés où chaque note doit rester distincte.
Pour vérifier, on joue l’arpège d’intro (Em9 vers A7add13) en écoutant si la corde de Mi grave reste définie ou si elle « bave » dans le micro. Si le son manque de netteté malgré un réglage d’ampli correct, c’est souvent la hauteur des micros qui pose problème.
Accords enrichis de Petite Marie : doigtés et position sur le manche
La grille ne se limite pas à un enchaînement Em, A, G, Bm. Cabrel utilise des accords enrichis qui donnent sa couleur au morceau : Em9, A7add13, GM9, A/G. Ces voicings ajoutent des tensions (neuvièmes, treizièmes) qui sonnent particulièrement bien sur un son clair.
Em9 et A7add13 dans l’intro
L’Em9 (0x4030) garde la corde de Mi grave à vide, ce qui crée une basse profonde. Sur électrique, cette corde à vide résonne plus longtemps qu’en acoustique. On peut atténuer légèrement le volume du micro manche pour éviter qu’elle ne couvre les notes aiguës.
L’A7add13 (x04020) demande de la précision dans le placement des doigts. Sur un manche électrique, plus étroit qu’un manche classique, la transition entre ces deux accords se fait plus facilement, mais les cordes à vide captent davantage les bruits parasites.
GM9 et passage vers Bm
Le GM9 (3x420x) avec sa basse sur la troisième case apporte un changement de registre. La difficulté arrive au passage vers le Bm en barré. Sur guitare électrique, le barré Bm sonne mieux avec un tirant léger (type 9-42), qui réduit la pression nécessaire et permet de garder la fluidité des transitions.

Technique main droite : rythmique et arpèges adaptés à l’électrique
Le piège classique sur Petite Marie en électrique, c’est de jouer les arpèges trop fort ou trop régulièrement. Le morceau repose sur un placement rythmique avec une légère sensation ternaire et des silences volontaires.
Pour retrouver l’équilibre basse/aigus de la rythmique originale, on attaque les cordes assez près du chevalet. On accentue le premier temps avec la basse fondamentale de chaque accord, puis on laisse les doigts ou le médiator balayer les cordes aiguës plus doucement.
La main droite reste en mouvement continu (aller-retour), même quand certaines cordes ne sont pas frappées. Ce mouvement pendulaire maintient le groove. Quand arrivent les barrés (Bm, F#m7), la tentation est de ralentir ou de rigidifier la main droite. On garde le même balancement, quitte à simplifier légèrement le voicing pendant la transition.
- Attaque près du chevalet pour un son plus défini, moins boomy
- Main droite en mouvement constant, même sur les temps silencieux
- Accent sur le premier temps (basse), relâchement sur les temps 2 et 3
- Léger retard volontaire sur certains coups vers le bas pour le groove ternaire
Sélection de micro et tonalité guitare : quel réglage pour Petite Marie
En position micro manche seul, le son est chaud mais parfois trop rond pour que les accords enrichis restent lisibles. La position intermédiaire (manche + milieu sur une Strat, ou les deux micros sur une guitare à deux humbuckers) offre un compromis plus adapté.
Le potentiomètre de tonalité joue un rôle qu’on sous-estime. En le baissant légèrement (autour des trois quarts), on arrondit les attaques de médiator sans perdre la définition des notes individuelles. C’est un réglage simple qui rapproche immédiatement du son studio.
Les retours varient sur ce point selon le type de micros (simple bobinage ou humbucker). Avec des single coils, la position intermédiaire donne naturellement ce grain un peu nasal qui convient bien au morceau. Avec des humbuckers, baisser davantage la tonalité compense la rondeur excessive.
Petite Marie sur guitare électrique ne demande pas de matériel complexe. Un ampli propre, un compresseur bien dosé, des micros correctement réglés en hauteur et une main droite qui respire avec le morceau suffisent à retrouver le caractère de l’original. Le vrai travail se situe entre la nuance de l’attaque et la patience de laisser chaque accord enrichi résonner pleinement.


