On croise chaque semaine des copies, des mails ou des posts où traîne la même coquille. « On a prit ». Trois mots, une faute qui résiste à la relecture, un doute qui s’installe. Pourtant, la règle ne laisse pas place à l’hésitation : la terminaison « -it » n’a rien à faire après l’auxiliaire « avoir ». L’erreur, tenace, s’infiltre jusque dans les phrases les plus courtes. « Pris », c’est le participe passé du verbe « prendre », et il ne varie pas. Que l’on écrive « j’ai pris », « nous avons pris », « ils ont pris », la forme ne change pas. Pas d’exception, pas de variante cachée, juste une logique qui s’impose, rigoureuse et simple.
Pourquoi tant d’hésitations entre « pris » et « prit » ?
Dans les textes professionnels comme dans les échanges quotidiens, la confusion entre « pris » et « prit » ne faiblit pas. Cette hésitation s’explique d’abord par la ressemblance visuelle et sonore des deux formes. Les verbes du troisième groupe, véritables casse-tête du français, forcent à la vigilance : « prendre », « apprendre », « boire », « croire »… Tous sont capables de piéger le scripteur le plus appliqué.
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Le cas du verbe prendre est limpide une fois la règle comprise. Le participe passé, « pris », s’utilise à chaque fois que l’auxiliaire « avoir » précède : « on a pris », « j’ai pris », « nous avons pris ». Aucun détour : c’est « pris », toujours. À l’opposé, « prit » appartient exclusivement au passé simple, réservé à la troisième personne du singulier : « il prit » et rien d’autre. Cette nuance, souvent oubliée, découle surtout d’une méconnaissance de ce temps littéraire, peu utilisé à l’oral ou dans l’écriture courante.
Pour y voir plus clair, voici un tableau qui résume l’emploi de « pris » et « prit » :
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| Forme | Temps | Exemple |
|---|---|---|
| pris | participe passé | nous avons pris |
| prit | passé simple (3e pers. sing.) | il prit |
La subtilité de la conjugaison française impose de s’attarder sur ces petites différences qui font toute la clarté d’un texte. Lorsque l’on écrit « il a prit », on commet une faute qui trahit une mauvaise assimilation du passé composé, seule la forme « pris » convient ici. Cette erreur se retrouve ailleurs : « j’ai appris » (et non « j’ai apprisT »), « ils ont bu » (pas de « but » avec l’auxiliaire), « elles ont cru ». Un fil rouge lie tous ces verbes du troisième groupe : le participe passé reste stable.

Exemples concrets et astuces pour ne plus confondre « on a pris » et « on a prit »
Impossible de se tromper lorsqu’on connaît la construction du passé composé : un auxiliaire (« avoir » dans ce cas), puis le participe passé, « pris » pour le verbe « prendre ». Cette règle ne souffre d’aucun écart : « on a pris », « ils ont pris », « nous avons pris », jamais « on a prit ». Utiliser « prit » après « avoir », c’est confondre deux temps bien distincts, le passé composé et le passé simple, que la langue n’emploie pas dans les mêmes contextes.
Les écrivains ne s’y trompent pas. Dans les romans, dans les essais, on retrouve la même construction : « On a pris deux heures de retard » (Simone de Beauvoir) ; « Il a pris en main le bonheur du ménage » (Roger Nimier). Aucune trace de « prit » dans ces structures. L’exemple se reproduit avec « j’ai appris », « nous avons bu », « elles ont cru » : le participe passé s’impose, implacable.
Pour s’aider, les correcteurs partagent une astuce qui fait mouche : « j’ai priS avec mes mainS ». Le « s » final rappelle la bonne terminaison du participe passé « pris ». Le « t » de « prit », lui, reste cantonné à la troisième personne du singulier du passé simple.
Reste la question de l’accord du participe passé. Il suit une règle précise : lorsque le COD (complément d’objet direct) est placé avant le verbe, le participe passé s’accorde. Par exemple : « la décision qu’il a prise » (féminin, accord avec « décision » placé avant), « il m’a prise » (féminin). Mais si le COD est après, pas d’accord : « il a pris une décision ». D’autres verbes du troisième groupe suivent cette logique : « j’ai appris », « ils ont bu », « nous avons cru ».
Pour résumer les cas de figure, voici les exemples typiques à retenir :
- Forme correcte : « il a pris »
- Erreur fréquente : « il a prit »
- Accord : « les fleurs que j’ai prises »
- Pas d’accord : « j’ai pris des fleurs »
À chaque fois qu’un doute s’installe, repenser à la structure du passé composé et à la position du COD suffit à lever l’ambiguïté. Les mots ne s’écrivent pas au hasard : ils portent la trace d’une règle, précise, qui résiste à toutes les hésitations. Écrire « on a pris », c’est choisir la clarté et la justesse, là où « on a prit » ne mène qu’à une impasse grammaticale.


