Un signal qui traverse les frontières, un mot qui fait frissonner les ondes radio : le code CUU n’appartient ni à un pays, ni à une époque. Il n’a qu’une mission, limpide et vitale : alerter sans détour, faire comprendre l’urgence là où chaque seconde compte.
Le signal universel d’urgence n’est pas né du hasard. Retour en 1923. Les autorités britanniques cherchent un code sonore, identifiable en plein chaos, compris d’un bout à l’autre de la planète. Frederick Stanley Mockford, chef radio dans un aéroport anglais, pioche dans la langue de ses voisins : “venez m’aider” devient, à l’oreille anglaise, MAYDAY. Ce mot, simple et percutant, s’impose vite. Dès le 1ᵉʳ janvier 1929, il s’applique sans distinction aux voyages maritimes comme aériens.
Quel est le CUU en transport ?
En vol ou sur l’eau, la détresse a un nom : MAYDAY. Ce signal d’alerte, forgé à Londres sur les recommandations de Mockford, s’est taillé une place dans tous les protocoles de sécurité. Il ne s’agit pas d’un simple appel : “MAYDAY” doit être prononcé trois fois de suite quand vous émettez votre message. Cette triple répétition ne relève pas du folklore. Elle sert deux objectifs : franchir le mur du bruit parasite et placer votre message au sommet de la pile d’urgence. Si une partie du signal se perd dans les interférences, l’essentiel subsiste : la gravité de la situation ne fait aucun doute.
Répéter la séquence plusieurs fois par salve de trois augmente vos chances d’être entendu. Même si votre interlocuteur ne capte qu’un fragment, il saura qu’il faut mobiliser les secours, sans délai. Dans la panique, ce protocole allège la charge mentale : pas besoin de discours, le mot parle pour vous.
Dans quels cas l’utiliser ?
Ce code n’est pas réservé à un type d’incident précis. À bord d’un bateau ou d’un avion, il suffit qu’une vie soit menacée pour utiliser “MAYDAY”. Panne majeure, urgence médicale, acte de malveillance : le message prévient les secours que la situation exige une réaction immédiate. Un simple mot, mais il déclenche toute une chaîne : la personne qui reçoit l’alerte évalue les moyens à déployer, coordonne les renforts, prépare les équipements adaptés. L’emplacement, la nature de l’événement : vous préciserez ces éléments juste après avoir lancé le signal. Ce n’est pas une conversation, c’est un cri d’alarme qui ouvre la voie à l’intervention.
Trois façons de signaler une détresse en transport
Si “MAYDAY” reste la référence absolue, d’autres alertes existent pour des situations moins extrêmes ou plus spécifiques. Voici les alternatives reconnues dans les transports aériens et maritimes :
- Le signal PAN, à utiliser pour signaler une panne mécanique comme un moteur ou une hélice hors service. Il indique une difficulté technique, sans danger immédiat pour la vie humaine.
- Pour les avions, des codes transpondeur permettent d’alerter discrètement la tour de contrôle en cas d’impossibilité de communiquer verbalement : 7500 pour un détournement, 7600 si la radio est HS, 7700 pour une situation de détresse générale.
Un transpondeur réglé sur 7700 déclenche instantanément une alerte sur les radars au sol, équivalent silencieux du “MAYDAY” quand la radio ne répond plus. L’automatisme prend alors le relais de la voix.
Un autre dispositif, la radiobalise d’urgence, se déclenche quand un avion subit un choc violent. Son signal tente d’indiquer la position de l’appareil. Dans la réalité, si l’avion s’écrase violemment, la balise n’a pas toujours le temps d’émettre, mais un atterrissage d’urgence réussi permet parfois d’activer ce relais et de guider les secours. À la différence de la boîte noire, qui gardera trace des circonstances de l’accident pour l’enquête, la radiobalise a vocation à sauver des vies, ici et maintenant, en relayant un ultime SOS aux équipes de recherche.
Le code CUU, c’est ce fil tendu entre la cabine d’un avion ou le pont d’un navire et la terre ferme. Un mot, une fréquence, un espoir : au bout de la chaîne, quelqu’un écoute, prêt à répondre à l’appel.



